Combien coûte un degré de chauffage supplémentaire ?
Face à la hausse des prix de l’énergie, chaque degré compte. Beaucoup de Français l’ont bien compris : selon l’enquête IPSOS BVA menée pour Daikin, 85 % estiment aujourd’hui que bien se chauffer devient un luxe. Alors, en hiver, on ajuste le thermostat, on limite le chauffage à certaines pièces, on superpose les pulls… Mais est-ce vraiment la bonne stratégie ? Baisser d’un degré permet-il de faire une réelle différence sur la facture ? Et surtout, quels sont les leviers les plus efficaces pour réduire sa consommation sans renoncer à son confort ?
Un degré de chauffage en plus : un impact mesurable sur la facture
Quand le budget énergie se tend, les ajustements deviennent très concrets. Selon l’enquête IPSOS BVA menée pour Daikin, 31 % des Français disent ressentir une situation de précarité énergétique. Alors, chaque hiver, on s’adapte.
54 % des Français réduisent régulièrement la température et le même nombre 54 % limitent le chauffage à certaines pièces. Ces gestes suffisent-ils vraiment à faire baisser la facture ?
Les chiffres apportent un éclairage pour répondre à cette question. L’Agence de la transition écologique (ADEME) estime que diminuer la température de son chauffage d’un degré permet de réduire en moyenne sa consommation énergétique de 7 %. À l’inverse, augmenter le thermostat d’un degré entraîne donc une hausse équivalente de la consommation — et du coût associé.
Concrètement, en 2024, un ménage français a dépensé en moyenne 2 071 € pour l’énergie de son logement. Le chauffage représentant environ deux tiers de cette somme (soit 1 366 €), un degré supplémentaire peut représenter près de 95 € par an. Rapporté à une saison de chauffe complète, ce n’est pas négligeable.
Explorez le sujet avec notre article : Se chauffer est-il devenu un luxe en France ?
Température du chauffage et confort en hiver : où se situe l’équilibre ?
Parler du coût d’un degré de chauffage, c’est utile. Mais cela n’a de sens que si l’on prend aussi en compte la température de chauffage idéale au quotidien. Car derrière la consommation de chauffage, il y a votre confort thermique. L’enjeu n’est pas de se priver, mais de trouver le bon réglage pour préserver votre bien-être tout en maîtrisant votre facture d’énergie.
Les recommandations de l’Ademe à ce sujet font autorité. En hiver, les températures conseillées sont :
- 19 °C dans les pièces de vie quand elles sont occupées
- 17 °C dans les chambres la nuit, la température idéale pour dormir ;
- 22 °C dans la salle de bain pendant son utilisation
Les avantages d’un thermostat programmable
Avant d’envisager de grands travaux de rénovation énergétique, il existe parfois des solutions simples et accessibles. Le thermostat programmable en fait partie.
Son rôle ? Adapter automatiquement la température de chauffage à votre rythme de vie. Il baisse le chauffage lorsque vous êtes absent, l’ajuste la nuit, le remonte avant votre retour… sans que vous ayez à y penser. Résultat : moins de consommation d’énergie inutile, plus de confort au bon moment.
Les modèles connectés vont encore plus loin. Ils permettent de suivre vos kWh consommés, de piloter votre chauffage à distance depuis votre smartphone ou même d’anticiper les variations météo pour optimiser la température intérieure.
Et côté facture ? Une régulation efficace peut réduire la consommation de chauffage jusqu’à de 10 à 15 %. Cela représente plus de 130 € d’économies par an en moyenne. Un levier concret pour mieux maîtriser le coût du chauffage, sans sacrifier votre confort thermique.
Pour en savoir plus sur les dispositifs de commande, consultez notre article ici.
Les solutions de long terme : isolation thermique et système de chauffage performant
A long terme, la solution pour faire baisser vos factures de chauffage consiste à résoudre le problème à la source : améliorer l’isolation thermique de votre logement et investir dans un système de chauffage performant et durable.
Si vous habitez dans une maison, le toit est la partie du logement à isoler en priorité. Selon l’Ademe, 25 à 30 % des déperditions thermiques se font via une toiture mal isolée. Entre 20 et 25 % de ces fuites de chaleur passent par les murs et 10 à 15 % par les fenêtres.
Vous avez d’autres questions ?
Pourquoi le chauffage représente-t-il une part aussi importante de la facture ?
Le chauffage constitue le premier poste de consommation énergétique d’un logement en France. Selon l’Ademe, il représente les deux tiers de la consommation totale d’énergie d’un ménage, auxquels s’ajoutent plus de 12% pour l’eau chaude sanitaire. environ 11 % pour l’eau chaude sanitaire. L’éclairage et les appareils électriques pèsent assez peu. Toute variation de température influence donc fortement votre facture. En hiver, maintenir un confort thermique stable nécessite un apport continu de chaleur, surtout dans les logements énergivores. Cette dépendance explique pourquoi un simple degré de plus ou de moins peut avoir un impact important sur vos dépenses d’énergie.
Le type de chauffage change-t-il le coût d’un degré supplémentaire ?
Oui. Le système de chauffage a une influence importante sur votre consommation énergétique. A titre d’exemple, pour 1 kWh d’énergie consommé, un radiateur électrique produit 1 kWh de chaleur quand une pompe à chaleur (PAC) en produit 2,9 en moyenne. L’Ademe estime qu’une PAC air/eau est 3 à 4 fois plus efficace qu'une chaudière ou un radiateur électrique. Un degré supplémentaire de chauffage coûte donc moins cher à produire si vous possédez un système de chauffage performant, comme une pompe à chaleur.
Quel est le mode de chauffage le moins cher en France aujourd’hui ?
Le chauffage au bois (bûches ou granulés) fait partie des solutions les moins coûteuses à l’usage, juste devant les pompes à chaleur. Mais ce sont ces dernières qui présentent, et de loin, le plus faible impact carbone de tous les modes de chauffage. En général, rappelez-vous que le coût réel de votre chauffage dépend aussi des caractéristiques de votre logement, de son niveau d'isolation et du prix local de l’énergie utilisée.
Est-il préférable de maintenir une température stable ou de chauffer par intermittence ?
Maintenir une température stable est toujours plus efficace que des « à-coups », autrement dit des cycles de chauffe excessifs. En cas d'absence et la nuit, l’Ademe recommande d’abaisser la température à 16 ou 17 °C plutôt que d’éteindre complètement le chauffage. L'objectif est d’éviter une surconsommation au redémarrage et de préserver votre confort thermique. L'idéal reste d'opter pour un thermostat programmable, qui permet de réaliser jusqu’à 10 à 15 % d’économies d’énergie en adaptant votre chauffage au rythme d’occupation de votre logement.
Est-ce que chauffer moins de pièces l’hiver permet de faire des économies ?
Cela dépend de la qualité de l'isolation thermique de votre logement. Dans un logement bien isolé et bien compartimenté, chauffer uniquement les pièces de vie peut générer une économie d'énergie à court terme. En revanche, dans une maison mal isolée et énergivore, cela risque d'être contre-productif. Selon un phénomène naturel, la chaleur a en effet tendance à circuler vers les zones plus froides. Les murs, les cloisons et les planchers deviennent alors des surfaces de transfert thermique. Résultat : votre système de chauffage doit produire davantage de chaleur pour compenser les pertes. Sans compter qu’une pièce froide et peu ventilée favorise la condensation, l'apparition de moisissures, la dégradation des murs et un inconfort supplémentaire.
Quelles économies d'énergie espérer avec une pompe à chaleur ?
Une pompe à chaleur performante et bien installée peut faire économiser au moins 25 % d’énergie, selon une étude menée en 2025*. Pour 10 % des ménages dotées de pompe à chaleur, la facture énergétique est même divisée par deux. La même étude révèle que la pompe à chaleur est l’opération de rénovation énergétique la plus performante. En termes de réduction de consommation d'énergie, elle est 3 à 4 fois plus efficace qu’une opération d’isolation thermique et même 20 fois plus efficace qu'un changement de fenêtres.
*Source : Pompe à chaleur et pouvoir d’achat, enquête AFPAC – UFE, 2025.